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No-Vox Côte d’Ivoire - LUTTE POUR LES PETITS PECHEURS ET MARAYEUSES D’ABOBO DOUME

mardi 11 septembre 2018

Le marché de pêche artisanale du village d’Abobo Doumé existe depuis plus de 30 ans, emploi pour près de 1000 femmes et hommes est aujourd’hui menacé de disparaître. No-Vox Côte d’Ivoire soutien la lutte des pêcheurs !

Le lundi 27 Aoà»t une délégation des mouvements de lutte conduite par YVONNE TOBA Porte Parole de NoVox Côte d’Ivoire s’est rendue au village d’Abobo Doumé sur invitation de la communauté des petits pêcheurs et mareyeuses pour échanger avec cette communauté menacée d’expulsion par les autorités.

En effet, le marché de pêche artisanale du village d’Abobo Doumé existe depuis plus de 30 ans et ce marché est un emploi pour près de 1000 femmes et hommes aussi des étudiant(e)s, des collégiens même des écoliers qui viennent en vacance travailler pour pouvoir se scolariser. C’est toute une chaîne composée de pêcheurs, mareyeuses, découpeurs de poissons, revendeurs, pousseurs, vendeurs de glaces etc… Cette communauté de pêcheurs nourrit plus de la moitié de la population d’Abidjan.

Elle vaquait librement àses activités jusqu’àce que le roi Marocain décide de venir construire son débarcadère sur leur site. La chefferie du dit village et les Pêcheurs, après plusieurs rencontres avec les responsables du projet ont refusé que ce projet de construction de débarcadère se fasse àAbobo Doumé parce que ce projet faisait la promotion de la pêche moderne ce qui est carrément différent de la pêche artisanale dans laquelle ils exercent.

Après le refus de ceux d’Abobo Doumé, les responsables du projet sont allés dans le village voisin Locodjro qui a accepté le projet. C’est ainsi que le débarcadère du roi Marocain àété construit au village Locodjro.

Dans le souci de faire marcher leur débarcadère, le responsable Dr Koné entame des négociations avec les mareyeuses pour les convaincre àvenir travailler avec eux, chose que les femmes refusent. Mais ils ont pu récupérer la présidente de CMATPHA (Coopérative des mareyeuses transformatrices des produits halieutiques d’Abidjan), Mme Dion Micheline qui les a rejoints avec une partie des femmes pendant que la plus grande partie est restée àAbobo Doumé. Ayant constaté que les clients préfèrent se ravitailler dans le marché villageois de la pêche artisanale alors le responsable du débarcadère Dr KONE en complicité avec DION MICHELINE décide de faire la guerre àces pauvres pécheurs et mareyeuses dans le seul but de les obliger àaller àLocodjro en prétextant être en mission pour l’État.

Ainsi le jeudi 23 Aoà»t, ils ont engagé la marine nationale pour traquer les Pêcheurs sur l’eau en les empêchant d’accoster àAbobo Doumé et les marins avaient pour mission d’amener àLocodjro toutes les pirogues de Pêcheurs qu’ils verront sur l’eau. Ils ont aussi associé la gendarmerie et la police nationale pour empêcher les mareyeuses de vendre. La marine se charge d’envoyer de force les pirogues pleines des poissons au débarcadère, arrivée làbas Dion Micheline et ses collaboratrices se chargent de vendre les poissons en l’absence du propriétaire, ce qui a créé un conflit.

Le mardi 28 Aoà»t nous avons été appelé par les mareyeuses d’Abobo Doumé qui avait l’une des leurs arrêté le lundi soir parce qu’elle est allée réclamer ses poissons confisqués àLocodjro ce qui a entraîné une bagarre qui s’est terminée au commissariat. La mareyeuse d’Abobo a été arrêté et elle a passé la nuit au commissariat du 37eme arrondissement pendant qu’elle est nourrisse avec des jumeaux.

Dès notre arrivée au commissariat, vu la mobilisation sur le lieu nous avons entamé des discussions avec le commissaire du 37eme et les deux parties concernées pour apaiser les tensions et amener les plaignants àretirer leur plainte.

C’est à20h45mn que nous avons pu obtenir la libération de la dame et elle a rejoint sa famille en compagnie de toutes les mareyeuses et pêcheurs qui se sont mobilisés devant le commissariat pour demander sa libération.

Le problème demeure encore parce que depuis le jeudi 23 Aoà»t jusqu’aujourd’hui les pêcheurs continuent d’être traqués par la marine nationale au point où les mareyeuses sont obligées elles mêmes de prendre des petites pirogues (très risqué) pour aller acheter des poissons àZimbabwé (Port Bouet) et faire venir par la route. Aujourd’hui c’est plus de 10 pirogues d’Abobo Doumé qui ont été dirigé àLocodjro et les poissons sont vendus àl’insu des propriétaires. Ce problème concerne plusieurs familles désespérées qui si rien n’est fait se retrouveront àla rue.

NoVox Côte d’Ivoire et d’autres mouvements de la société civile tel que JEPA, INDIGNÉS, CRI DU PEUPLE, ASSOCIATION DES PETITS PÊCHEURS DE CÔTE D’IVOIRE se sont engagés auprès de cette communauté vulnérable pour dénoncer cet abus de pouvoir et combattre cette injustice. Nous avons déjàcommencé a mener des actions tel que : des publications de dénonciation sur les réseaux sociaux, faire venir des télévisions en ligne pour mettre la lumière sur ce problème et un meeting sur le site d’activité de des victimes.

Empêcher ses braves femmes et hommes de vaquer àleur activité impactera la souveraineté alimentaire parce qu’ils nourrissent plus de la moitié de la population d’Abidjan et les poissons vendus sont de bonne qualité.

Aussi la pêche artisanale contribue àl’approvisionnement des familles pauvres àcause de ses prix abordable. Nous comptons mener des actions dans les jours àvenir pour défendre les droits de cette communauté.

A cet effet, nous prévoyons une grande conférence de presse avec plusieurs journalistes nationaux et internationaux suivie d’une marche pacifique sur le lieu de travail de ces femmes, pour dénoncer cette injustice et demander aux autorités de retirer la marine nationale sur l’eau afin que les petits Pêcheurs puissent vaquer librement àleur activité.


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