No-Vox

Déclaration de Droit au Logement (DAL) et No Vox International

mardi 8 mars 2016

Après analyse de la situation Mondiale et catastrophique du logement et de l’habitat, qui s’est très largement dégradée depuis habitat 2, (Istanbul 1996), nous dénonçons :

- l’aggravation des inégalités de richesse (dont le patrimoine immobilier et foncier est le principal élément), se résumant en 2 chiffres : les 64 personnes les plus riches de la planète détiennent autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité, et les 1% les plus riches de la planète, détiennent plus que les 99% restants.

- les politiques des institutions publiques, internationales, nationales et locales, consistant aujourd’hui essentiellement a livrer àla spéculation immobilière et àdes intérêts privés les terrains appartenant àla collectivité et aux communautés, afin d’y réaliser des grands projets d’urbanisme ou agricoles spéculatifs qui jettent les classes populaires dans la précarité du logement, la misère, sur les routes migratoires ou dans les camps de réfugiés.

- la mondialisation des marchés immobiliers et fonciers, notamment àl’occasion des MIPIM (marché international des professionnels de l’immobilier), rationalisant la spéculation mondiale en milieu urbain et rural au détriment de la plus grande part de l’humanité.

- les énormes profits tirés de l’exploitation féroce des classes populaires et des classes moyennes par les milieux de l’immobilier, de la finance ou de la rente locative, s ‘appuyant sur le besoin de chaque chaque personne et chaque famille a se loger dignement .

- la complicité, l’aveuglement et la corruption des acteurs publics qui dérégulent les marchés locatifs, réduisent les droits des habitant-e-s, vendent notre patrimoine commun, nos espaces publics afin d’assouvir la cupidité sans fin de quelques poignées de requins de la finance, dont les multinationales et les transnationales du secteur de l’immobilier et du foncier.

- l’incroyable injustice sociale qui consiste dans un premier temps àfaire payer aux populations le renchérissement spéculatif des prix du foncier, de l’immobilier , des loyers et des charges , et dans un 2e temps àleur faire payer les crises financières qui en découlent par des politiques d’austérités, c’est àdire de réductions des droits économiques, sociaux et démocratiques que les peuples ont conquis pour se protéger collectivement.

- le nombre croissant de sans abris, de mal logé-e-s et d’habitant-e-s de bidonvilles, qui sont aujourd’hui au nombre de 1 Milliard de personnes soit 1/3 de la population urbaine mondiale.

- la dégradation générale de l’environnement dans les mégapoles, la montée des risques de catastrophes industrielles dans les zones dangereuses, la dangerosité de certains quartiers d’habitat informel, frappent en premier lieu les populations mal logées, sans logis, et les personnes économiquement fragiles.

Ce constat met en évidence, que habitat 2 depuis 20 ans :

- n’a pas amélioré les conditions de logement des classes populaires et opprimées, a laissé s’ aggraver la situation des habitant-e-s des rues, des sans abris, a laissé se développer de manière massive les expulsions , les déguerpissements en zones urbaines, péri-urbaines et rurales dans tous les pays du monde aux profits des spéculateurs. - n’aura même pas permis de construire et consolider les mouvements sociaux de défense du droit au logement, àl’habitat et du droit àla ville, pour les aider àfaire face et tenir tête aux puissances du secteur de l’immobilier, du foncier et de leurs alliés politiques et financiers.

Nous relevons enfin, que habitat 3 :

Loin de reconnaitre l’échec de son action et d’en établir les causes , l’ONU HABITAT mise désormais essentiellement sur "la coopération" avec le secteur privé.

Autrement dit habitat 3 préconise de collaborer avec ceux qui sont la cause de l’oppression spéculative, de la spoliation des biens communs de l’humanité, de la misère et de la pauvreté dans lesquelles sont plongées des milliards d’êtres humains et nous propose de collaborer avec nos propres fossoyeurs.

En conséquence, nous refusons de collaborer avec habitat 3 et ses déclinaisons et ce tant que les instance internationales n’auront pas choisi clairement leur camp : C’est àdire celui des habitant-e-s en général, des exploité-e-s du logement dans l’objectif de satisfaire leurs besoins sociaux, économiques, écologiques, culturels et démocratiques et non plus dans l’objectif et au service du monde de la finance, des spéculateurs et des profiteurs de la crise mondiale du logement qui frappe en premier lieu les classes populaires, et désormais une partie des classes moyennes.

En conséquence, nous dénonçons cette farce dans laquelle les organisateurs d’habitat 3 veulent nous entrainer.

Nous rappelons enfin que la France qui va présider ce sommet des menteurs et de leurs serviteurs, est engagée dans la même spirale spéculative que le reste des nations, car elle expulse de plus en plus de familles vulnérables, car elle a supprimé pour la 1ère fois depuis 70 ans les aides de l’état àla construction de logements sociaux, qu’elle a dérégulé les rapports locatifs, encouragé la spéculation immobilière, qu’elle livre aux plus offrants le patrimoine public, qu’elle préserve et encourage les profits exceptionnels des milieux de l’immobilier et que la France est le pays où les prix de l’immobilier sont les plus élevés parmi les pays riches, au regard des revenus de la population.

Nous faisons part de notre solidarité pleine et entière aux mouvements de lutte des habitant-e-s qui luttent sur notre planète pour le droit au logement, àl’habitat, àla ville, de l’Équateur et des autres pays qui se rendront ou pas àQuito.

Il est temps que les habitant-e-s dans le monde et leurs soutiens s’’organisent et se mobilisent contre cette honteuse situation menée pour le profit d’’affairistes et de spéculateurs. D ’ors et déjà, nous nous mobiliserons avec de nombreux mouvements européens contre le MIPIM (Marché international des Professionnels de l’’Immobilier) qui se tient àCANNES (France) du 14 au 17 mars et en France le 2 Avril, contre les expulsions et le logement cher.

Un toit c’est un droit !

Jean baptiste Eyraud

Annie Pourre


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 397766

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Membres du réseau  Suivre la vie du site France - Droit Au Logement (DAL)   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.7 + AHUNTSIC

Creative Commons License